Mise en contexte

Au Canada, plus de 3 millions de résidences utilisent le bois comme source de chaleur primaire ou secondaire. Au Québec, le nombre d’installations de chauffage au bois s’accroît annuellement et même plus rapidement que le nombre de logements. Bien que les poêles et foyers à bois agrémentent l’ambiance et le confort d’une résidence, la fumée qu’ils dégagent constitue une importante source de pollution atmosphérique et fait peser plusieurs risques pour la santé et pour l’environnement.

 

Principaux objectifs

  • Sensibiliser la population aux dangers pour l'environnement et la santé du chauffage au bois

  • Informer la population sur les bonnes pratiques pour utiliser et entretenir les équipements qui entourent le chauffage au bois

 

Actions et résultats

  • Construction de cette page web qui renferme une multitude d'informations sur les bonnes pratiques du chauffage au bois.

 

Quelle est la qualité de l’air aujourd’hui ?

 

LA PROBLÉMATIQUE DU CHAUFFAGE AU BOIS

Bien que la ressource puisse être considérée comme renouvelable, l’utilisation d’un appareil de chauffage au bois n’est pas sans conséquence pour l’environnement et la santé. En effet, la combustion du bois génère l’émission de plus d’une centaine de contaminants tels que :

  • le monoxyde de carbone (CO),

  • des composés organiques volatiles (COV),

  • des oxydes d’azote (NOx),

  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

  • des particules fines (PM)

Dans ce contexte, il s’avère essentiel de connaître les bonnes pratiques du chauffage au bois et les types de poêles, puisque jumelés à une bonne installation, ils peuvent réduire les émissions de contaminants.

LES PERSONNES À RISQUE

  • Les enfants

  • Les personnes âgées

  • Les personnes souffrant d’asthme, de problème cardiaque ou pulmonaire chronique

  • Les utilisateurs de chauffage au bois et leurs voisins

  • La population en général (dans les grandes villes ou les secteurs à forte concentration d’utilisation du chauffage au bois)

  • VOUS

 

 Effets aigus: les personnes sensibles (asthmatiques, enfants, personnes âgées) réagissent fortement à une faible exposition.

 Effets chroniques: les utilisateurs, les voisins… même en bonne santé subissent les effets négatifs de l’exposition répétée aux polluants du chauffage au bois.


 

LES CONTAMINANTS : IMPACTS SUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT

 

Particules fines (PM)

Source de particules fines au Québec (%)

Source de particules fines au Québec, 2002-2008 (MELCC)

Les particules fines émises par le chauffage au bois représentent 43 % des émissions d’origine humaine du Québec ce qui est autant que l’industrie (MELCC, 2008). Ces particules solides ou liquides, dont la vitesse de chute est négligeable, sont en suspension dans l’atmosphère. La quasi-totalité des particules fines émises par le chauffage au bois font moins de 10 micromètres. Les plus grosses (5-10µ) ont des effets sur la trachée alors que les plus petites (<5µ) pénètrent dans les poumons, causant l’irritation des voies pulmonaires, de l’asthme et de l’emphysème particulièrement chez les enfants en bas âge, les vieillards et les personnes souffrant d’une maladie cardiaque ou pulmonaire chronique. Ces particules sont si petites qu’elles ne sont pas visibles à l’œil nu. Il en faut une très grande quantité avant de les apercevoir. Dans certaines très grandes villes, on note une contribution de ce polluant à l’augmentation du taux de mortalité. Après une exposition à de fortes concentrations de particules fines associées à des concentrations élevées d’oxyde de soufre (smog acide), les données démontrent qu’un plus grand nombre de personnes décèdent. Pour la majorité, ces personnes étaient déjà affaiblies par la maladie ou l’âge. Lorsque la qualité de l’air est très affectée par les PM, on aperçoit une brume de polluants dans l’air, le SMOG. Ces effets se retrouvent aussi dans la faune environnante et les particules fines ont aussi la particularité de bloquer le rayonnement solaire, nuisant ainsi à la photosynthèse des plantes, nécessaire à leur développement.

 

Monoxyde de carbone (CO)

Gaz inodore et incolore qui diminue la capacité de transport d’oxygène du sang (asphyxiant) vers les tissus, causant de la fatigue et des douleurs à la poitrine en petite quantité et le mal de tête, le vertige ou la mort en grande quantité. C’est un gaz qui est plus lourd que l’air à l’état pur. Par contre, lorsqu’il provient d’un chauffage résidentiel, il se disperse partout dans la maison. Par conséquent, l’installation d’un détecteur de monoxyde de carbone peut se faire à n’importe quelle hauteur. Il existe plusieurs modèles de ces détecteurs. Le type le plus recommandé possède un affichage digital/numérique pouvant vous dire la concentration de CO à n’importe quel moment. Les détecteurs sans affichage, vous préviendront d’une quantité trop élevée de CO dans votre maison, mais vous ne saurez pas si vous êtes exposés à une faible concentration en continue (qui a des effets toxiques chroniques). Il est recommandé d’installer un avertisseur de CO près de chaque source de ce gaz, c’est-à-dire, près du système de chauffage (à bois, au gaz, à l’huile…) et d’un garage adjacent (gaz d’échappement des voitures, motoneiges, motos...).
Tout comme pour les détecteurs de fumée, n’oubliez pas de changer la pile de votre avertisseur régulièrement! Elle pourrait sauver des vies.

 

Composés organiques volatils (COV)

Les composée organiques volatils (%)

Source de COV d’origine humaine au Québec (MDDEP, 2000)

Composés qui s’évaporent à la température ambiante et qui demeure dans l’atmosphère relativement longtemps. Certaines de ces substances entraînent des effets tels les yeux mouillés, l’irritation des yeux ou de la gorge et le nez douloureux, la nausée, la sensation de serrement à la poitrine, le sifflement à la respiration, la diminution des fonctions pulmonaires, etc. Certains d’entre eux ont un potentiel cancérigène (aldéhyde, acroléine, benzène, formaldéhyde, etc.). Ces composés font partie des précurseurs du SMOG et de l’ozone au sol (à ne pas confondre avec la couche d’ozone en haute altitude).
Les composés organiques volatils émis par le chauffage au bois représentent 15 % des émissions du Québec (MDDEP, 2000).

 

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Composés produits lors de la combustion incomplète de matières organiques et qui sont transportés sur plusieurs centaines de kilomètres, liés aux particules fines. Ces composés sont très persistants dans l’air, l’eau et le sol. Ils affectent donc la faune à long terme. Ils se produisent particulièrement dans les systèmes conventionnels à combustion dite lente, car le manque d’oxygène et la température moins élevée favorisent une combustion incomplète. Selon les molécules, les HAP ont des effets toxiques à court terme (irritation des yeux, nausée, confusion) ou chroniques (cancer, cataracte, dommage aux organes, effets tératogènes et mutagènes). Les dioxines et les furannes sont deux composés, potentiellement cancérigènes, d’une sous-famille de HAP, issues de la combustion de plastiques, de bois traité, peint ou teint, d’aggloméré ou de contreplaqué, de bois de grève ou de magazines en papier glacé.

 

Oxyde d’azote (NOx)

L’oxyde nitrique (NO) représente 90 % de tous les NOx produit par combustion. C’est un gaz incolore, inodore et sans goût qui est rapidement transformé en bioxyde d’azote (NO2) par oxydation dans l’atmosphère (il devient corrosif, brunâtre et a une odeur irritante). Les NOx altèrent la fonction pulmonaire des enfants, créent de la douleur à l’inspiration, de la toux et de l’œdème pulmonaire et ils diminuent la résistance aux infections pulmonaires et augmentent les cas d’influenza. Ils peuvent aussi altérer les membranes cellulaires des organismes et former des substances cancérigènes à l’intérieur de celles-ci. Ces composés font également partie des précurseurs du smog troposphérique (ou photochimique).
Les oxydes d’azote émises par le chauffage au bois représentent 1 % des émissions du Québec (MDDEP, 2000).



 

LES BONNES PRATIQUES DU CHAUFFAGE AU BOIS : amélioration de la sécurité et de la qualité de l’environnement

 

+ LA CRÉOSOTE ET LES TRUCS DE BASE

Chaque année, plusieurs feux de cheminée surviennent dans la région. La quasi-totalité de ces feux sont dus à la présence de créosote, accumulée lors de l’utilisation du système. Les bonnes pratiques du chauffage au bois peuvent vous aider à diminuer la formation et l’accumulation de créosote dans votre système :

La créosote, c'est un mélange d'hydrocarbures aromatiques (HAP) liquides et solides, avec des quantités appréciables de composés phénoliques et de composés organiques azotés; cette créosote est plus lourde que l'eau et sa phase d'ébullition s'étend à peu près de 200 à 325 degrés Celsius.

L'accumulation de créosote dans la cheminée indique une combustion incomplète et crée un risque élevé de feux de cheminée. Il faut surveiller la cheminée régulièrement afin de repérer toute accumulation de suie ou de créosote.

+ LE RAMONAGE ET L’INSPECTION

Il est recommandé de faire inspecter et ramoner votre cheminée, au moins une fois par année par un professionnel du chauffage. Cette personne et en mesure de détecter les problèmes potentiels et d’augmenter votre sécurité. Un système servant de chauffage principal pourrait même être nettoyé une fois par mois d’utilisation. Si vous choisissiez de le faire vous-même, assurez-vous d’avoir la bonne technique et le bon outil. Une règle de base : la brosse de ramonage doit avoir exactement la même dimension que le tuyau d’échappement. Jamais de brosses rondes dans un tuyau carré ou de trop petites brosses dans une grande ouverture. D’ailleurs n’oubliez pas non plus qu’une cheminée doit avoir le même diamètre, de la chambre de combustion jusqu’à la sortie finale, et ce, peu importe le type de système, le nombre de coudes ou les contraintes monétaires. En ce qui concerne l’inspection, si vous avez pris la décision de faire le ramonage d’entretien vous-même, essayer de voir l’intérieur de la cheminée avec un petit miroir et une lampe de poche, cela ne vaudra jamais les outils adaptés dont disposent les professionnels, mais cela vous aidera certainement à être un peu plus efficace.

+ L’ALLUMAGE DU FEU

Avant d’allumer un feu, la règle de base consiste à s’assurer que la cheminée est réchauffée. C’est-à-dire, qu’elle tire! Même si le feu dans votre système est éteint depuis quelques heures à peine, la température de la cheminée diminue très vite car elle est en lien direct avec l’air extérieur. Très simple, le réchauffage de la cheminée consiste à mettre une boule de papier journal (pas les circulaires imprimées avec de l’encre de couleur) près de l’ouverture de la cheminée et de l’allumer. Gardez la porte entrouverte de quelques pouces et laissez brûler complètement. Maintenant, vous pouvez allumer votre feu. Pour ce faire, l’utilisation du papier journal (à encre noire seulement) et du petit bois sec constitue la méthode idéale. Dès que votre feu est pris, ajouter des bûches de bois sec, sans outrepasser la charge maximale du système (toujours inscrite dans le devis, ou mode d’emploi du système).

+ L’ÉCORCE

Pourquoi ne pas utiliser de l’écorce pour allumer mon feu? Avez-vous déjà regardé la fumée qui se dégage de l’écorce en feu? Si oui, vous savez très bien qu’elle est noire! C’est la preuve que l’écorce est précurseur de la formation de créosote. Pour bien brûler, il lui faut des températures très élevées (qu’un feu bien pris peut vous donner mais que vous n’atteindrez jamais lors de l’allumage). Donc, si vous l’utilisez pour partir le feu, vous tapissez votre cheminée de créosote. Il n’est pas recommandé non plus de dégarnir chaque bûche de l’écorce qu’elle possède! Ramasser plutôt l’écorce qui traîne, mettez-là dans un sac de papier brun (du style des sacs de papier d’épicerie) et faites-en une « bûche » d’écorce. Lorsque vous la brûlerez (sur un feu déjà bien chaud), elle pourra servir à ajouter une très grande charge calorifique dans la maison (par exemple lors d’une journée très froide).

+ LA CONDITION ET LES ESSENCES DU BOIS

La condition numéro un, la plus importante à respecter, consiste à utiliser un bois bien sec dans toute combustion. Pour ce faire, l’arbre doit être abattu à l’automne ou à l’hiver, lorsque la sève n’est plus dans ses fibres. Les bûches, peu importe leur longueur, doivent être fendues 1, 2 ou 3 fois pour avoir des morceaux de 10 à 15 centimètres (4 à 6 pouces) de diamètre. Pour sécher, elles doivent être cordées à l’extérieur, sur billots et recouvertes uniquement sur le dessus ou placées dans une « shed » à bois. Le principe est de laisser 20 centimètres (8 pouces) entre chaque rangée et d’exposer au plus grand vent possible pendant 6 à 12 mois minimum. Le bois sans sève, passera ainsi de 50 % d’humidité à 15-20 % lorsque sec. Notez que le bois ne sèche pas à l’intérieur de la maison, il atteindrait un taux minimal de 40 % d’humidité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est recommandé de n’entreposer que le bois nécessaire à l’utilisation prévue pour les prochains 48 à 72 heures dans la maison (nécessite moins d’espace, moins de travail, apporte moins de bibittes et diminue la charge de matériaux combustibles lors d’un incendie.) Un bois plein de sève ne fera jamais un bon bois de chauffage car il constituera une source importante de créosote et aura l’aspect d’un bois « éponge ». Toute essence de bois confondue est utilisable comme mode de chauffage à la condition d’être bien sèche. Par contre, certaines particularités sont à connaître, selon le type d’essences utilisées. Les essences dites « dures » sont en fait du bois dont la densité des fibres est très grande. Il brûle de façon plus efficace et émet plus de chaleur qu’un bois « mou » ou à plus faible densité. Ce dernier brûle plus rapidement et dégage donc moins de chaleur sur une longue période. Pour ces raisons, les essences de bois « dur » sont recommandées lors des froides journées d’hiver tandis que les essences de bois « mou » sont plutôt utilisées à l’automne et au printemps. Les principales essences retrouvées en Abitibi-Témiscamingue, des plus « dures » à celles qui le sont le moins, sont : l’érable à sucre, le hêtre, le bouleau jaune, le frêne, l’érable rouge, le bouleau blanc et le tremble. À noter qu’il ne s’agit pas d’une liste complète. En ce qui concerne les résineux (mélèze, pin, épinette, sapin baumier…), ils pourraient être comparés à de l’écorce : une fois bien sèches, ces essences peuvent être utilisées dans un feu déjà bien pris, dont la température est élevée. Ces essences ne procurent toutefois pas autant de chaleur que les bois dit « durs ».

 

Risques en sécurité incendie

L’utilisation des systèmes à combustion comporte des risques pour la sécurité des utilisateurs. Une mauvaise utilisation engendre également des risques pour la santé. Les comportements sécuritaires jumelés à l’installation conforme et aux systèmes de détection sont la solution.

Si un feu de cheminée se déclare chez vous :

1- Appelez les pompiers

Un feu de cheminée implique automatiquement des températures extrêmes dans le conduit d’échappement de votre système de combustion au bois. Si la moindre infiltration de fumée a pu endommager la paroi, avant que le feu ne se déclare, il y a un risque que le feu se propage à l’extérieur du conduit, entraînant des dommages à votre demeure. Bien sûr, il est déjà arrivé que le feu s’éteigne de lui-même, mais il en va de votre sécurité et de celle des vôtres, les pompiers sont là pour pallier aux risques possibles lors de ces événements.

2- Faites inspecter le système dont la cheminée

Trop de gens croient à tort que la cheminée a été nettoyée de sa créosote lors d’un feu de cheminée. Au contraire, il est d’autant plus essentiel de la faire nettoyer et inspecter immédiatement après un feu et de ne pas la réutiliser tant que ce n’est pas fait. C’est une question de sécurité! Si votre installation présentait la moindre petite fissure, imperfection, usure… elle pourrait avoir été endommagée par les hautes températures du feu. Elle peut même et, c’est déjà arrivé, se tordre par l’intérieur, se fissurer, s’effriter, perdre des morceaux… Pour ceux dont le système a tenu le coup, parce que ça peut arriver, l’inspection viendra les rassurer quant à la sécurité de leur système, jusqu’à la prochaine occasion. Il en va de votre vie et de celle de vos proches!

 

Normes et réglementation en vigueur

Depuis le 1 septembre 2009, seuls les appareils certifiés CSA B415.1 (Association Canadienne de normalisation) ou EPA (Environmental Protection Agency, des États-Unis) peuvent être vendus au Québec. Ce règlement a été mis à jour le 27 août 2014 et vise à interdire, au Québec, la fabrication, la vente, et la distribution des appareils de chauffage au bois non conformes aux certifications.

Les appareils certifiés émettent jusqu’à dix fois moins de particules fines et trois fois moins d’autres contaminants que les appareils de chauffage conventionnels, lesquels sont notamment responsables de plus de 40 % des particules fines émises dans l’atmosphère au Québec. Par ailleurs, les nouvelles technologies de ces appareils permettent de réduire la quantité de bois nécessaire pour chauffer et donc d’économiser sur le long terme.

Pour consulter le règlement en vigueur.

 

En résumé

  • Allumer le feu avec du journal et/ou du petit bois sec (pas d’écorce)

  • Utiliser du bois bien sec (à l’extérieur depuis plus de 6 mois)

  • Utiliser des petites bûches (4 à 6 po de diamètre)

  • Ne brûler rien d’autres ! (pas de déchets domestique, pas de bois traité ou aggloméré, pas de magazines…)

  • Avoir un thermomètre sur le tuyau de fumée (350-400F°)

  • Retirer régulièrement les cendres du foyer

  • Avoir toujours une bonne entrée d’air dans le foyer

  • Changer votre foyer pour un foyer certifié CSA ou EPA

  • Faite ramoner régulièrement votre cheminée

 

Pour en savoir plus :

Stéphanie Lévesque, experte en rénovation, nous explique les risques potentiels du chauffage au bois à l'émission Les éclaireurs. Pour l'écouter >>

David Chabot s'entretient avec Mario Tremblay, Chef en prévention et en formation au service de sécurité incendie de la ville de Val-d'Or, sur les risques potentiels d'intoxication par le monoxyde de carbone à l'émission Des matins en or. Janvier 2018. Pour l'écouter >>